Nouveaux calculs : taxe d'habitation, taxe foncière

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Nouveaux calculs : taxe d'habitation, taxe foncière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 5 ans, les Français ont économisé 39 milliards d’euros avec la suppression de la taxe d’habitation. Mais l’envolée de la taxe foncière noircit le tableau.

Les impôts des Français ont-ils baissé sous le mandat d’Emmanuel Macron? Le gouvernement ne cesse de répondre, tous ses membres en chœur, que oui. Le ministre de l’Économie et des Finances, qui présente le projet de loi de finances pour 2022 ce mercredi, se targue sur Twitter (voir ci-dessous) d’avoir fait économiser aux Français plus de 50 milliards d’euros. Grâce à deux mesures phare: la suppression de la taxe d’habitation que paient tous les propriétaires et les locataires, et la baisse du barème de l’impôt sur le revenu.

 

Pour la première, la diminution d’impôts s’élève, au total, à plus de 39 milliards d’euros entre 2017 et 2022, selon la Direction générale des finances publiques. Soit une économie d’environ 1600 euros par foyer. Pour la seconde, ce sont 13,1 milliards d’euros qui «sont restés entre les mains des Français durant le quinquennat». Soit une baisse d’impôts moyenne de près de 720 euros par foyer. Mais s’arrêter là ne serait pas juste. Il convient aussi d’ajouter à ce tableau mirifique, la taxe foncière acquittée par les seuls propriétaires. Et dans ce domaine, le bilan est beaucoup moins réjouissant pour les Français.

 

Ainsi, des retraités aisés, touchant 90.000 euros par an à deux et vivant dans une maison avec extérieur à Nice, ont économisé 1050 euros sur leur taxe d’habitation en 5 ans. Mais, dans le même temps, la taxe foncière a explosé de plus de 19% en 2017 alors qu’elle n’aurait dû augmenter que de 1,2% (hausse automatique des valeurs locatives, NDLR) selon l’Union nationale des propriétaires immobiliers (Unpi). En 2018 et en 2019, la mairie de Nice a eu la main moins lourde et a baissé la taxe foncière de 4,4% et d’environ 7%.

 

Un couple de retraités, sensiblement moins aisé (27.000 euros nets par an) et vivant dans une maison à Clermont-Ferrand, a été aussi chanceux sur la taxe d’habitation (-950 euros sur 5 ans) mais beaucoup moins sur la taxe foncière. La municipalité a fait partie des plus mauvais élèves avec des hausses de 2,7% en 2017, +2,2% en 2018 et +1,21% en 2019.

Autre exemple: un couple avec 2 enfants, touchant 40.000 euros nets par an à deux et habitant un appartement de 55 m² à Limoges, a vu sa taxe d’habitation diminuer de 790 euros en 5 ans. Mais sa taxe foncière a grimpé de plus de 4% en 2017, de 2% en 2018 avant de ralentir un petit peu en 2019 (+1,9%). Idem pour un couple CSP+ (90.000 euros nets par an, à deux) avec 3 enfants, vivant dans une grande maison avec jardin à Strasbourg. Il a économisé 690 euros en 5 ans sur sa taxe d’habitation mais la taxe foncière a grimpé de 2,51% en 2018 (troisième plus forte parmi les 50 plus grandes villes) et de 1,24% en 2019.

À Orléans, ville proche de Paris qui a le vent en poupe, certains habitants ont le sourire. C’est le cas d’un célibataire avec un enfant, percevant 30.000 euros nets par an et vivant dans un appartement de 55 m². Sa taxe d’habitation a diminué de 900 euros en 5 ans. Mais il a sans doute fait grise mine en apprenant que la municipalité s’est montrée gourmande, notamment en 2018 (+2,29%) et en 2019 (+1,49%, troisième plus forte hausse des 50 plus grandes villes).

Un autre célibataire, moins aisé (16.000 euros nets par an) et vivant dans un 26 m² à Paris, a lui été plus chanceux côté taxe foncière puisque la municipalité est parmi les moins taxeuses des 50 plus grandes villes de France. En revanche, ce contribuable a vu sa taxe d’habitation baisser 6 fois moins que la moyenne nationale (250 contre 1600 euros) en 5 ans.